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Emilien Orban : « J’aurais voulu rouler à côté de mon papa. »

Emilien Orban sera à coup sûr l’un des pilotes à suivre cette année. Au volant d’une Peugeot 106 très rapide, mais qui a connu sur ces deux dernières saisons des problèmes de fiabilité, le pilote andennais espère pouvoir améliorer sa 4e place de 2022. Baigné dans le rallye depuis tout petit, Emilien a grandi en voyant son père dompter les routes wallonnes et compte bien faire de même dès cette année.

Propos recueillis par Andy Foyen.



Monsieur Orban, je pense savoir que le rallye, chez vous, c’est une histoire de famille. Dites-m’en plus…

Oui tout à fait. J’avais 3 mois que j’étais déjà dans ma poussette, en bord de spéciale, pour aller voir mon papa (n.d.l.r. Grégory Orban). L’origine de ma passion vient de là. Dans le garage familial, j’allais souvent regarder la voiture de mon papa. Et puis, les week-ends de rallye, je partais en reconnaissance avec lui. J’adorais. Les dimanches, j’étais avec ma maman sur les spéciales pour le voir passer. J’ai été rapidement accro au rallye et je le suis toujours d’ailleurs.

 

Pour vous c’était clair : Dès que vous auriez votre permis, vous seriez pilote de rallye…

Oui, je voulais rouler moi-même. Mais avant toute chose, j’aurais voulu rouler avec mon papa. Mais malheureusement, il est décédé avant que nous n’en ayons eu l’occasion…

 

Votre papa a été emporté par un cancer. C’était un passionné qui aura vécu sa passion jusqu’au bout … 

C’est vrai. Son dernier rêve, c’était de faire encore une fois le Condroz en 2019. Pour nous, c’était un peu un rallye à domicile et surtout, c’est le rallye mythique de la région. Il est parvenu à réaliser ce rêve. Il l’a terminé en remportant sa classe… Malheureusement, 2 semaines plus tard, il nous quittait.

 

Et comme un symbole, en 2021, c’est vous qui prenez le départ de votre premier rallye…

Quand j’ai eu mon permis, j’ai fait les tests du RACB le plus rapidement possible pour avoir ma licence et je me suis lancé avec ma Peugeot 106. C’est toujours avec cette voiture-là que je roule aujourd’hui. Même si elle a bien évolué depuis le début…

 

C’était au Rallye Sprint de Villers. Et pour votre premier rallye, vous terminez 36e du général et 2e de classe. Cela montre tout de suite un fort potentiel.

C’était un bon résultat pour débuter. D’autant plus que la voiture n’était pas très affutée à ce moment-là. Mon deuxième rallye, c’était le Rallye Sprint de Thirimont. Et là, je termine 11e du général et 2e de classe, après avoir écopé d’une pénalité que je n’avais pas remarquée. J’étais vraiment content de mes débuts.

 

Quand je lis votre parcours, il y a un rallye dont j’aimerais en apprendre davantage : le Rallye Sprint de Haillot 2022 que vous disputez avec votre maman comme copilote. Elle, qui copilotait votre papa sur ce même rallye 15 ans plus tôt …

Maman adore le Rallye de Haillot et elle voulait le refaire comme copilote. Et pour moi, c’était une fierté de prendre ma maman à côté de moi. Malheureusement, comme il a eu quelques sorties de route, on n’a pas pu faire les 4 spéciales. Mais même sur 2 spéciales, on a pu montrer qu’on pouvait être très rapides. On termine dans le Top 15 général (n.d.l.r. 11e) et premiers de classe.


 

La saison 2022 est d’ailleurs une formidable saison pour vous. Tous les rallyes que vous terminez, vous les terminez systématiquement dans le Top 15…

Oui, c’était une belle année. On avait trouvé un équilibre entre la fiabilité et la performance de l’auto. Tout s’était bien déroulé jusqu’au Rallye de la Semois, où je me battais avec Michaël Pirnay, qui était une référence de la catégorie quand j’ai commencé. On se battait à coups de secondes, mais malheureusement, mon moteur casse dans la spéciale 4. Fini. Et puis, j’ai enchaîné avec 2 saisons compliquées marquées par beaucoup de soucis mécaniques.

 

Est-ce que cette chute soudaine de fiabilité avait à voir avec les améliorations qui ont été faites sur la voiture ?

Pas immédiatement avec les améliorations. Après avoir cassé le moteur à la Semois, j’ai voulu installer un moteur un peu plus puissant. Le moteur en lui-même n’a jamais cassé, mais tout le reste a été mal fait.  Depuis un an et demi, avec le garage Targez, on essaie de réparer toutes les erreurs qui ont été faites au montage de l’auto. On sort seulement la tête de l’eau depuis la fin de saison passée. Certes, aux Crêtes, on a eu une bêtise électronique qui a posé problème et plus récemment, à Hannut, on a abandonné, à première vue, à cause d’un défaut de conception de notre triangle de suspension. J’espère que maintenant, ça ira mieux. On a en tout cas essayé de fiabiliser l’auto un maximum avec une boîte séquentielle et des amortisseurs Proflex. Ça a coûté beaucoup d’argent, mais normalement, maintenant, elle est prête.

 

Est-ce que gagner le Challenge Bruno Thiry est un objectif cette saison ?

Alors, je suis inscrit chaque année au Challenge Bruno Thiry, depuis ma saison complète, lors de laquelle je termine 4e. Mais malheureusement, après cela mes saisons n’ont jamais été très longues à cause de la fiabilité de la voiture. J’ai eu souvent de grosses casses qui m’ont obligé à réparer pendant la moitié de la saison. J’espère que cette saison sera différente et que je pourrai jouer les premiers rôles. Mais quand on voit les inscrits, il y a quand même quelques pointures comme Benjamin Allard qui vont très vite. Et il ne faut sous-estimer personne. Sophie Lallement a prouvé que, même avec une plus petite voiture, on peut jouer le podium si on fait preuve de régularité. En tout cas le plateau est bien rempli. C’est chouette et je pense que le Challenge Bruno Thiry sera très intéressant à suivre cette année.



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